first_imgEn 1966, Edy Schütz remporte la 18e étape du Tour de France à l’issue d’une très longue échappée disputée, en partie, en tête-à-tête avec «Poupou». Il raconte.Ce mercredi matin, dans son magasin de cycles situé à Dudelange, Edy Schütz décroche le téléphone : «Non, vous ne me dérangez pas. Un ami m’a appelé pour m’apprendre la nouvelle…» La «nouvelle», c’est évidemment le décès de Raymond Poulidor survenu quelques heures plus tôt, au beau milieu de la nuit. Sans bruit, à l’abri des lumières. «C’est toujours triste de voir un tel coureur disparaître…»Cette classe, le Luxembourgeois a pu l’apprécier durant une bonne partie de sa carrière : «Toujours devant, toujours bien placé, pour être sûr de ne pas commettre d’erreur, il suffisait de calquer sa course sur la sienne. Il avait la super classe. Vraiment, cette mort, ça me fait de la peine.» Une fois passé l’effroi du factuel, Edy Schütz ouvre la boîte à souvenirs et remonte rapidement à ce 10 juillet 1966. Ce jour-là, le Tour de France revient d’Italie. De Turin où Franco Bitossi décrocha, la veille, sa deuxième victoire d’étape sur cette édition.Parfois, il faut être méchant et Raymond ne l’était pas.Il était trop bonAu programme de cette 18e étape, 188 bornes entre Ivrea et Chamonix. Edy Schutz prit assez tôt la poudre d’escampette, passant l’essentiel de la journée seul devant. «Dans le dernier col, Poulidor m’a rattrapé. On a roulé ensemble car il voulait rattraper son retard au général (NDLR : à Turin, Lucien Aimar s’était emparé du maillot jaune de leader). On a essayé de rouler le plus fort possible, mais il avait fait un gros effort pour s’échapper du peloton et revenir seul sur moi. Il était un peu fatigué», se souvient le Luxembourgeois, porteur cette année-là, du tricot d’une formation Romeo-Smith’s vainqueur de six des vingt-deux étapes de ce Tour 1966.À Chamonix, le grimpeur luxembourgeois s’imposa au sprint. «Ce n’était pas son point fort», sourit Edy Schütz à propos d’un Raymond Poulidor qu’il considérait comme «un modèle» : «Il était très sérieux et faisait le métier à 100 %. Maintenant, s’il n’a pas gagné ce qu’il aurait dû gagner dans sa carrière, c’est sans doute à cause de son caractère. Parfois, il faut être méchant et Raymond ne l’était pas. Il était trop bon.»Les deux hommes auraient dû se retrouver sous le même maillot. Edy dans le rôle du lieutenant, Raymond dans celui du patron. Son contrat d’un an avec l’équipe Mercier paraphé, il devait en revêtir les couleurs en 1972. «J’aurais dû rouler avec Poulidor, mais le 15 janvier, mon beau-père est décédé, dit-il. Alors, soit je continuais de rouler encore deux-trois ans, soit je reprenais son magasin. J’ai opté pour le magasin…» C’est là qu’hier matin, Edy Schütz a appris la disparition de celui qu’il considérait comme «un modèle». Charles Michel Partagerlast_img read more

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